La péninsule Ibérique fut une zone d’activité des Normands peu connue. On peut la désigner comme un creuset culturel du Moyen Age. Mais des conflits armés et des changements politiques déchiraient la péninsule depuis le déclin du califat de Cordoue (1031). Les combattants étrangers étaient alors bienvenus et, depuis le 11e siècle, un nombre croissant de Normands arrivait dans la péninsule. Ils participaient aux combats et aux conflits entre royaumes chrétiens et musulmans connus sous le terme de « Reconquista ». Ce fut l’occasion pour les Normands de découvrir la richesse culturelle de la région. Certains d’entre eux s’établirent durablement. La formation d’une seigneurie normande réussit seulement à Tarragone. Robert Burdet y a établi une principauté qui ne dura que vingt ans. Tarragone passa ensuite aux mains du comte de Barcelone et reste un exemple particulièrement frappant de l’échec des ambitions normandes. Contrairement à d’autres régions, les puissances locales opposaient trop de résistance. Il n’y avait pas de vide de pouvoir que les Normands auraient pu combler. Des liens subsistèrent cependant entre Normands et la péninsule – précisément entre les territoires normands dans le Sud de l’Italie, le comté de Barcelone et la couronne d’Aragon.
Saint Martin d’Ix, Catalogne, deuxième quart de XIIe s.
Peinture et tôle métallique sur bois de pin
Barcelone, Museu Nacional d’Art de Catalunya, Inv. MNAC 15802-000
Cet antependium décorait autrefois la face antérieure de l’autel de Saint-Martin d’Ix. Il s’agit d’une des plus anciennes peintures sur bois conservées de l’Europe et encore en très bon état malgré quelques traces de feu sur le côté gauche. Les couleurs chaudes et brillantes, l’exécution soigneuse et les riches décors géométriques sont typiques du remarquable art chrétien dans le Nord de la péninsule Ibérique. Ce panneau raconte le retour du Christ et la célèbre histoire de saint Martin qui partage de son manteau (2e et 4e image en haut).