Adélaïde del Vasto – Palerme devient capitale

« En femme extrêmement intelligente, [elle] gère les affaires d’État et gouverne le comté. »

Alexandre de Telese à propos d’Adélaïde

A la mort de Roger, ses fils étaient encore mineurs et Adélaïde del Vasto assura la régence. Elle sut avec beaucoup d’aisance respecter les traditions locales et évita d’intégrer des personnes étrangères au sein de ses conseillers. Un document arabo-grec la décrit comme « grande souveraine, malikah de la Sicile et de la Calabre, protectrice de la foi chrétienne ». Elle déplaça sa résidence à Palerme et y établit une cour multiculturelle. L’émir Christodulus comptait parmi ses conseillers les plus précieux. Son fils Roger II grandit dans un milieu multiculturel et plurilingue, et profita de la diversité culturelle de son entourage.

F 5.1

Charte gréco-arabe d’Adelasia del Vasto

Messine, 6 mars 1109
Papier
Palerme, Archivio di Stato, Tabulario
Ospedale Grande, Monastero di S. Filippo di Fragalà e S. Maria di Maniaci, doc. 9, cart.

Le mandat d’Adélaïde est un des plus anciens documents temporels en papier de l’Europe. La régente s’adresse aux fonctionnaires grecs et arabes de Castrogiovanni (aujourd’hui Enna) et ordonne de bien traiter et de soutenir les moines du monastère S. Filippo di Fragalà. La version arabe célèbre Adelaïde comme « grande maîtresse, souveraine de Sicile et Calabre et protectrice de la foi des chrétiens ».

F 5.2

"Kodikillos": Diplôme grec, pour amiral Christodoulos

Constantinople, avril 1109
Encre or, argent et rouge, sur parchemin coloré en pourpre
Provenance: Palerme, Tesoro della Cappella Palatina, Inv. 340
Rome, Patrimonio del Fondo Edifici di Culto, amministrato dal Ministero dell’Interno – Dipartimento per le Libertà Civili e l’Immigrazione – Direzione Centrale degli Affari dei Culti e per l’Amministrazione del FEC


L’amiral grec Christodoulos comptait parmi les proches conseillers d’Adélaïde. Il était aussi une figure importante aux yeux de l’empereur byzantin qui lui conféra le titre honorifique de prōtonōbelissimos. Le kodikillos montre de façon exemplaire l’influence de la pratique byzantine sur la chancellerie normande et fut un des modèles pour la délivrance du privilège de fonder la Chapelle palatine.