Comme la France, l’Angleterre était aussi visée par les raids vikings. Dans le Nord-Est de l’Angleterre émergea avec le danelaw et York un pouvoir fortement influencé par des princes et colons scandinaves. La présence de cette population favorisa l’émergence d’une culture anglo-scandinave. Vers 1000, de nouvelles menaces venues du nord contraignirent le roi anglais à chercher des alliés. En 1002, il épousa une fille du duc de Normandie, Emma († 1052), qui devint la première reine normande d’Angleterre. Cette liaison devait entraîner des conséquences à long terme. C’est précisément sur ces liens étroits entre l’Angleterre et la Normandie que se fondaient les droits de Guillaume († 1087), duc de Normandie, à la couronne d’Angleterre et sa décision d’envahir ce pays. La tapisserie de Bayeux raconte les antécédents de la conquête qui culmina avec la bataille de Hastings le 14 octobre 1066. Guillaume « le Conquérant » fut après couronné roi. Il lui fallut cependant encore une vingtaine d’années pour établir la domination normande en alternant violences et stratégies d’intégration. Ses successeurs échafaudèrent un royaume anglo-normand à cheval sur la Manche qui profitait des échanges culturels venant des deux côtés de la mer.
York, anglo-scandinave/925–975
Pierre Calcaire
York, York Museums Trust - Yorkshire Museum, Inv. YORYM: 1993.174
Le fragment du « Newgate Cross Shaft » de York démontre à merveille la fusion de symboles chrétiens et païens. Cette croix, dont seule une partie est encore conservée, fut taillée par le « York Master », un célèbre sculpteur de York. Deux anges sont visibles dans les coins supérieurs du devant de la croix ; au milieu, des bêtes sont entrelacées dans le style scandinave. Ce fragment reflète ainsi le creuset de York à l’époque viking où se mélangeaient les cultures anglo-saxonne et scandinave.