« En outre, Robert, c’est-à-dire Rollon, fit baptiser et initier à la foi chrétienne ses gens et ses guerriers. Puis il fit appeler l’évêque Francon et lui demanda quelles églises de ce pays étaient particulièrement vénérables (…). Francon répondit « Les églises de Rouen, Bayeux et Evreux (…) l’église sur la montagne située dans la mer et nommée d’après l’archange Michel (…) et le sanctuaire de Jumièges (…). De nombreuses autres églises sont soumises à ton pouvoir, mais celles-ci sont vraiment exceptionnelles. »
« Il [Rollon] était devenu chrétien et avait christianisé beaucoup de ses prisonniers, qu’il eût autrefois décapités en hommage aux dieux qu’il vénérait. Il donna aussi une énorme quantité d’or aux églises chrétiennes à la gloire de Dieu au nom duquel il fut baptisé. »
Les Normands ont réussi à s’imposer relativement vite. La Normandie, qui portait ce nom depuis l’an 1000 environ, se développa en une principauté très puissante. Rouen, Fécamp et Caen plus tard furent tour à tour les capitales d’une région florissante. Les ducs rencontraient d’autres puissants d’égal à égal et étendirent leur sphère d’influence. Les Normands établirent des fortifications surtout dans les régions frontalières de leur territoire, ce qui ne les empêcha pas de porter leur regard au-delà et de saisir les occasions de gagner de l’influence et du territoire. Ils ont aussi favorisé la construction d’églises et de monastères dont la fonction était essentielle au maintien de leur pouvoir. Outre leur importante fonction religieuse, les monastères, des centres économiques et spirituels bien connectés, jouaient également un rôle important dans l’implantation du pouvoir.
Abbaye de Jumièges, XIIe s.
Pierre
Jumièges, Département de Seine-Maritime, Inv. 76OM5649 / JUM1946000121
Selon la tradition locale, cette tête en pierre de Jumièges représenterait un célèbre protecteur de l’abbaye : Guillaume « Longue-Epée ». Il fit reconstruire en 940 l’abbaye détruite par les Vikings en 841. Comme il fut assassiné en 941 et que son fils, et successeur, Richard Ier avait d’autres projets de construction, il fallut encore attendre une centaine d’années pour voir s’élever l’édifice dont les ruines impressionnent encore aujourd’hui.
Modèle pour les tableaux circulaires : Londres, The British Royal Library, 14 B VI, fol. 5 | Avranches, BM,
ms. 210, fol. 23v
Révision graphique : Homann Güner Blum,
Communication visuelle
Apprenez-en plus sur les représentants importants de la maison ducale normande, de Rollo à Guillaume le Conquérant et Mathilde de Flandre, grâce à ces panneaux tournants.
Abbaye de Jumièges, XIVe s.
Pierre
Jumièges, Département de Seine-Maritime, Inv. 76OM5559 / JUM19460005930
Ce portrait appartiendrait à Guillaume « le Conquérant » († 1087) comme l’indique la couronne. Guillaume fut, comme son prédécesseur homonyme, un généreux protecteur de l’abbaye de Jumièges. Il assista en 1067 à la consécration de l’imposante église principale, qui venait d’être achevée. L’écart chronologique entre les deux têtes exposées est particulièrement intéressant (12e et 14e s.). Cet écart témoigne du soin longuement porté à la mémoire des liens étroits avec la Maison royale.
Rouen fut le berceau et le premier centre important de la future Normandie. L’archevêque de Rouen, Francon, joua un rôle important en empêchant le pillage de la ville par Rollon et ses Vikings. C’est surtout par son entremise que Rollon et Charles « le Simple » conclurent un accord qui donna naissance à la Normandie. Francon fut également celui qui baptisa Rollon. Rouen fut le point de départ de la souveraineté croissante de Rollon qui fut enterré dans la cathédrale de cette ville.
Cantorbéry, St. Augustine's Abbey, peu après 1100
Parchemin
Cambridge, Parker Library, MS 276, fol. 55r
Dudon a écrit la première histoire des Normands (Historia Normannorum), une commande du duc Richard Ier († 996), qui influença durablement le récit sur les origines et l’identité des Normands. Ceux-ci y sont décrits sous un jour très avantageux et comme les souverains exemplaires de la Normandie. On y souligne aussi leur intégration réussie dans le royaume franc. L’exemplaire exposé ici a été réalisé à Canterbury et témoigne des liens culturels entre la Normandie et l’Angleterre.
Rouen, cathédrale, XIIe s.
Marbre gris et noir
Rouen, Musée des Antiquités, Inv. 63.8.1
Ce carreau de pavement décorait autrefois le chœur de la cathédrale de Rouen. Il fut réalisé en opus sectile avec des marbres noir et gris, une technique de mosaïque héritée de l’Antiquité. Ceci témoigne d’un artisanat de grande qualité, car cette technique exigeait des marbres chers et une grande précision pour former des dessins géométriques complexes. Les évêques et les princes ne reculaient donc pas devant les dépenses et les efforts pour équiper leur cathédrale.
Rouen, Abbaye Saint-Ouen, 16 Septembre 1057
Plaque de plomb
Rouen, Musée des Antiquités, Inv. 1833.15
On a découvert cette plaque funéraire dans un sarcophage en pierre lors de fouilles (1882-84) menées dans l’abbatiale Saint-Ouen. Elle évoque le souvenir de l’archidiacre Hugues († 1057) enterré ici. Les lettres irrégulières de l’épitaphe ont été gravées dans la plaque de plomb avec un outil pointu. Le graveur a visiblement mal calculé la place disponible, ce qui l’obligea à lier les deux dernières lignes.
Rouen, fin du XIe – milieu du XIIe s.
Bronze
Rouen, Musée des Antiquités, Inv. 64.2.2
Cette crosse d’abbesse symbolise la dignité et le pouvoir de l’abbesse de Saint-Armand à Rouen. L’abbaye fut richement dotée par Mathilde, épouse de Guillaume « le Conquérant », et acquit d’autres domaines des deux côtés de la Manche aux XIe et XIIe siècles. La crosse est décorée de rinceaux végétaux qui s’enroulent autour d’un lion, une allusion au rôle protecteur exercé par l’abbesse.
Rouen (1); Normandie (2); Chartres (3); Chinon (4); England (5), 10. Jh.
Silber
Paris, Bibliothèque nationale de France, Inv. 1968.1018.1134 (FEO-1133) (1); Inv. 1968.1018.5700 (FEO-5699) (2); Inv. 1968.1018.6536 (FEO-6535) (3), Inv. 1968.1018.8459 (FEO-8458) (4); 1968.1018.6476 (FEO-6475) (5)
La découverte du « trésor » de Fécamp en 1963 fut une grande sensation. Il contenait plus de 8500 monnaies du 10e siècle qui avaient été frappées en 58 lieux différents. Cette découverte a permis de formuler de nouvelles idées, générales et globales, sur l’économie normande. La majeure partie des monnaies (6000 exemplaires) proviennent de l’atelier de Rouen. Ceci démontre que les souverains de Normandie réussirent à imposer leur propre monnaie et à retirer du circuit les anciennes pièces de monnaie.
Angleterre ?/Normandie ?, début du XIe s.
Ivoire de morse
Paris, Musée du Louvre, Inv. OA 11961
La croix-reliquaire en ivoire de morse qui porte un Christ est un merveilleux exemple de l’influence de l’art anglo-saxon sur le continent. Elle témoigne également des échanges culturels intenses avant la conquête des Normands en 1066. La chevelure et les plis du vêtement renvoient à l’« école de Winchester ». Le relief très prononcé est cependant inhabituel à l’époque. Il reste à savoir si la croix fut réalisée en Normandie ou importée d’Angleterre pour être ajoutée au trésor de l’abbaye de Fécamp.
Fécamp, début du XIIIe s.
Pierre calcaire
Fécamp, Les Pêcheries, Musée de Fécamp, Inv. FEC 6163.27 (ancien: V6: 3545)
Ce chapiteau à crochets gotique, découvert lors de fouilles menées à Fécamp (1974-1983), fut longtemps attribué au palais des ducs de Normandie. Mais la parenté stylistique du chapiteau avec la moitié ouest de l’abbatiale érigée après 1200 suggère une datation au XIIIe siècle. Ce chapiteau témoigne donc non seulement de la grande importance politique de Fécamp sous Richard Ier et Richard II, mais également de l’évolution du monastère en un centre indépendant du souverain.
Fécamp, Abbaye Sainte-Trinité, 26 mars 1107
Plomb
Fécamp, Les Pêcheries - Musée de Fécamp, Inv. FEC 5009
Il faut attribuer cette plaque funéraire soigneusement travaillée au troisième abbé de la Sainte-Trinité à Fécamp : Guillaume de Rots († 1107). Sa carrière – cantor et archidiacre à Bayeux, moine de l’abbaye aux Hommes à Caen et abbé de Fécamp – démontre sa proximité avec les ducs de Normandie et les rois d’Angleterre. Il attesta plusieurs actes de Guillaume « le Conquérant » et de ses fils Robert « Courteheuse » et Guillaume II « Rufus ».
L'inscription en latin:
Die lateinische Inschrift lautet:
HIC JACET ⁝ ABBAS WILLELMUS ⁝ PRIMUM ECCLESIE
BAJOCENSIS CANTOR ET ARCHIDIACONUS ⁝ DEINDE CADOMI MONACHUS ⁝
AD EXTREMUM FISCANNENSIS CENOBII ABBAS TERCIUS ⁝ QUOD PER XXVII ⁝ ANNOS
ET DIMIDIUM OPTIME REXIT ⁝ ET ECCLESIAM ATQUE OFFICINAS
INTUS ET FORIS RENOVAVIT ⁝ VIR IN OMNIBUS BONI
TESTIMONII ⁝ HIC OBIIT ⁝ VII KALENDAS APRILIS M° ⁝ ET VII° ⁝ ANNO AB
INCARNATIONE DOMINI ⁝ SALVATORIS
Abbaye Sainte-Trinité de Fécamp, 30. Mai 1006
Parchemin
Fécamp, Palais Bénédictine, Inv. 3 R005 (Engel n° 1 bis)
Ce document est exceptionnel à deux titres : Il montre le lien étroit du duc Richard II avec Fécamp, sa capitale, et il fut longtemps considéré comme le plus ancien acte ducal en original. Mais on a supposé récemment qu’il s’agirait tout de même d’une copie de 1050-1080 à laquelle fut ajoutée une clause. Mais l’essentiel du contenu n’a pas changé de ce fait : Richard II a achevé la construction du monastère de Fécamp amorcée par son père et le dota généreusement. Richard II et son père furent tous deux ensevelis dans l’abbatiale.
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Abbaye Jumièges, milieu du XIe s.
Ivoire de morse
Rouen, Musée des Antiquités, Inv. R.90.96
La croix en Tau ou croix de saint Antoine est une croix en forme de T. La partie terminale de la crosse exposée ici – branche transversale du T – présente ici des extrémités arrondies. Le devant de la croix montre un abbé avec un livre et une crosse, le dos une sirène avec une poitrine dénudée. Les deux côtés pris ensemble symbolisent le bien et le mal. Les deux figures sont flanquées d’êtres imaginaires encadrés par des rinceaux végétaux. On reconnaît nettement l’influence de l’école de Winchester sur le plan artistique.
Saint-Pierre-de-Jumièges, début du IXe s.
Pierre
Rouen, Musée des Antiquités, Inv. D. 2004.2.2
Notre-Dame de Jumièges, milieu du XIe s.
Pierre calcaire
Rouen, Musée des Antiquités, Inv. D.2004.2.3
Ces deux chapiteaux représentent un bout de l’histoire architecturale de Jumièges : Celui de gauche date de l’époque qui précède le raid des Vikings (24 mai 841) et porte encore des traces d’incendie liées à cet événement. Celui de droite fut réalisé lors de la construction dès 1040 de la magnifique nouvelle église normande. Tous deux sont décorés de motifs végétaux. Le premier, de style antiquisant, peut être attribué à l’époque carolingienne. Le deuxième, avec un décor qui couvre toute la corbeille, est typique pour la sculpture romane.
Abbaye de Saint-Évroult, premier quart de XIIe s.
Parchemin
Rouen, Collections Bibliothèque municipale de Rouen, ms. Y14, fol. 116r
Guillaume de Jumièges, comme bien d’autres auteurs, utilisa l’œuvre de Dudon de Saint-Quentin pour rédiger sa chronique. Il a remanié et raccourci les passages douteux et narratifs ou les supprima même totalement. Son récit, plutôt sobre, veut raconter la « réussite » des Normands. Guillaume « le Conquérant » en occupe le centre. Ceci se reflète à travers l’initiale P de ce folio : Le chroniqueur remet solennellement son ouvrage au roi. Ce manuscrit fut copié par un autre chroniqueur important du Moyen Age : Ordericus Vitalis.
Abbaye du Mont-Saint-Michel, 1191
+ HIC . REQUIESCIT . DOM . MARTIN . DE . FURME[N]DEIO . ABBAS . HUJ[US] . LOCI = ici repose le seigneur Martin de Furnebdum abbé de ce lieu
Plomb
Le-Mont-Saint-Michel, Abbaye du Mont-Saint-Michel, Inv. MSM1875000105
Ce disque provient de la tombe de Martin de Furmendi (†1191) qui fut l’abbé d’un Mont-Saint-Michel prospère de 1186 à 1191. Le disque avait été placé sous la tête du défunt et l’épitaphe livre son identité. Une main recouvre le centre d’une croix grecque dans un geste de bénédiction. Un alpha est gravé sous la branche gauche de la croix, un oméga sous la branche droite, symboles du commencement et de la fin.
Abbaye de Mont-Saint-Michel, XIIe s.
Parchemin
Avranches, Bibliothèque patrimoniale d’Avranches, ms. 159, fol. 170v
Robert de Torigni († 1189) fut l’abbé du Mont-Saint-Michel durant plus de 30 ans. En cette qualité, il fut impliqué dans les affaires temporelles et spirituelles et jouait un rôle politique. Il a entretenu des contacts étroits avec la France et l’Angleterre et rédigea une chronique qui s’étend sur les années 1115-1186. On présente ici une initiale L illustrée : Le décor montre le Mont-Saint-Michel et renvoie au droit de la libre élection de l’abbé et à son indépendance face aux ducs.
Bayeux fut détruite à la fin du 9e siècle par les Vikings de Rollon et reconstruite par la suite. Bayeux était un siège épiscopal important où fut construit un château-fort normand sous Richard Ier ou Richard II. Le chroniqueur Dudon de Saint-Quentin rapporte en outre que Richard Ier fut envoyé à Bayeux par son père pour y apprendre le danois. Bayeux est aujourd’hui surtout connu pour sa célèbre « tapisserie de Bayeux » et son probable commanditaire, l’évêque Odon. Ce dernier était le demi-frère de Guillaume « le Conquérant » et prit part à la bataille de Hastings (1066). Il devint par la suite earl du Kent et l’un des plus riches propriétaires fonciers de l’Angleterre. En 1077, il consacra dans sa ville épiscopale la nouvelle cathédrale qu’il avait fait construire. Celle-ci devait abriter plus tard la tapisserie de Bayeux.
Saint-Georges de Boscherville, 1157–1211, (vers 1170?)
Pierre calcaire, sculptée
Rouen, Musée des Antiquités, Inv. 139.38 (A)
Les sculptures de la salle capitulaire de l’abbaye Saint-Georges de Boscherville représentent la rénovation artistique entreprise sous Henri Ier († 1135). Le chapiteau présenté ici est décoré de larges scènes illustrant l’enfance du Christ. On reconnaît d’une part les influences de la sculpture romane tardive de la Francie occidentale, d’autre part les figures allongées aux vêtements richement détaillés s’inscrivent clairement dans la tradition d’œuvres comparables de l’Angleterre et du Nord de la France.
Abbaye Saint-Évroult, XIIe s.
Argent
Sées, Musée départemental d’art religieux Inv. 998.193.1.2
Ce coffret reliquaire revêt la forme traditionnelle de la châsse recouverte d’un toit en bâtière et est décoré d’éléments en argent. Le décor figuré est composé d’un Christ siégeant sur un trône (Majestas Domini), de l’archange saint Michel aux prises avec le dragon, ainsi que d’autres apôtres et abbés. Par son style, ce coffret traduit les liens et les échanges entre l’espace anglo-normand et la région du Rhin et de la Moselle entre le 11e et le début du 13e siècle.
Caen, Abbaye aux Dames, vers 1100/1120
Pierre calcaire
Caen, Musée de Normandie, Inv. DSAN.83.1218.2
L’abbaye aux Dames, fondée à Caen par la duchesse Mathilde de Flandres († 1083), est considéré comme un bijou de l’art roman. La sculpture ornementale y est plus riche qu’à l’abbaye aux Hommes édifiée presque en même temps. La croix antéfixe en est un exemple exceptionnel. Elle séduit par son mélange de virtuosité et de simplicité. L’entrelacs se compose d’une boucle sans fin qui s’enroule autour d’une croix dans des proportions parfaites.
Caen, église Sainte-Paix, vers 1070
Pierre calcaire
Caen, Musée de Normandie, Inv. DSAN.83.1218.33 (1); Inv. DSAN.83.1218.32 (2)
La fondation de l’église Sainte-Paix est liée à la pacification de la Normandie par le duc Guillaume « le Conquérant » (vers 1050). Le premier relief (1) établit un lien avec la paix divine : On y voit un Christ bénissant dans la pose d’un juge enseignant le droit divin. Le deuxième relief (2) en revanche montre un homme qui combat une bête à l’aide d’une hache. Sa signification est moins claire et peut-être de nature profane.
Guillaume « le Conquérant » († 1087), né à Falaise, fit de Caen sa capitale qui devint un centre du pouvoir sous son règne. Il y fit construire un château-fort. Sa femme Mathilde de Flandres († 1083) et lui fondèrent chacun une abbaye : Sainte-Trinité (abbaye aux Dames) et Saint-Etienne (abbaye aux Hommes). Ils montrèrent ainsi leur piété et apaisèrent le pape qui avait interdit leur mariage à cause d’un lien de parenté trop proche.
Motte de Rubercy (Calvados), milieu du XIIe s.
Fer
Caen, Musée de Normandie, Inv. D.87.1.36 (1); Inv. D.87.1.40 (2); Inv. D.87.1.41 (3); Inv. D.87.1.42 (4)
Les armes médiévales mises au jour sont généralement des pointes de flèches et des carreaux d’arbalètes. On les produisait en grandes quantités et ils étaient moins précieux que les armes lourdes, gardées soigneusement et souvent réutilisées ou refondues. La Motte de Rubercy se révéla fort riche. Les armes présentées ici furent utilisées de différentes manières : pour la garde, la chasse, le tir sur cible et d’autres jeux. Les carreaux d’arbalètes avaient une forme plus courte que les flèches et une épaisse pointe carrée.
Château de Caen, XIIe/XIIIe s.
Pierre calcaire
Caen, Musée de Normandie, Inv. D.98.3.1
Ce graffiti représente un donjon en bois sur une colline escarpée avec une tour-porche : une motte. On peut y accéder par un pont (à droite) ; à gauche, une grue semble lever une pièce en bois. Il s’agit peut-être d’un chantier dessiné par un architecte. Ce graffiti livre en tous cas de précieuses informations sur le type architectural de la motte, connu uniquement par l’archéologie ou sur la tapisserie de Bayeux. Sa découverte dans la « Salle à la Reine » à Caen permet de penser que l’on voulait représenter le donjon de Caen.
Caen, Abbaye aux Hommes, fin du XIe s.
Pierre calcaire
Caen, Musée de Normandie, Inv. DSAN.83.1218.26
L’abbaye aux Hommes fut fondée par Guillaume « le Conquérant » et compte parmi les chefs d’œuvre de l’art roman. Son architecture a recours à une tradition de la sculpture ornementale largement répandue en Normandie : la décoration des corniches et des corbeaux avec des gargouilles, alternant ici avec des motifs purement géométriques. Ce corbeau est décoré d’un visage grotesque au long nez et à la bouche déformée.
Guillaume « Longue-Epée » († 942), fils de Rollon, avait déjà fait construire une résidence à Fécamp, donnant ainsi à l’emplacement une importance politique. L’abbaye Sainte-Trinité, détruite par les Vikings en 841, fut reconstruite sous le règne de son fils Richard Ier († 996). Fécamp devint ainsi un centre non seulement politique, mais aussi spirituel. L’abbaye servit plus tard de tombeau ducal et attira beaucoup d’érudits du pays et de l’étranger. Richard II († 1026) continua de développer Fécamp en faisant agrandir le palais et le monastère. Fécamp était la deuxième grande ville de Normandie après Rouen et Guillaume fêta sa conquête de l’Angleterre à Rouen, Fécamp et dans la troisième ville importante : Caen.
Production: Ralph Gellwitzki Animation und Videodesign
Les monastères médiévaux n’avaient pas seulement une fonction religieuse, mais étaient également des institutions d’une grande importance pour la société, la politique et le pouvoir, l’économie, ainsi que la formation et la science. Les Normands se sont distingués en tant que bâtisseurs et protecteurs importants. Apprenez-en davantage sur les monastères sélectionnés : leur architecture, leurs scriptoria, leur réseau et bien plus