« Je n'ai jamais vu corps plus parfaits que les leurs. Par leur taille, on dirait des palmiers. Ils ont des cheveux blonds aux reflets roux. (…) Chacun d’eux porte une hache, une épée et un couteau et ne s’en sépare jamais. (…) Chaque homme est décoré de tatouages vert foncé du cou jusqu’aux orteilles. (…) Leurs femmes portent sur leur poitrine des fibules rondes en fer, argent, cuivre ou or suivant la fortune et le statut social de leurs maris. (…) Elles portent autour du cou des torques en or ou en argent. »
Ce sont surtout les objets archéologiques qui nous renseignent aujourd’hui sur les activités des Scandinaves dans l’Est. Les mobiliers funéraires illustrent de vastes contacts culturels et des échanges concernant non seulement les voyageurs, mais aussi la population sédentaire. L’artisanat et la mode scandinaves étaient fort appréciés dans les comptoirs de l’Est. Les trouvailles archéologiques révèlent en même temps d’autres influences culturelles : Les traditions païennes étaient tout aussi présentes que le judaïsme, le christianisme et l’islam. Un royaume s’est formé autour des lieux centraux de Gardarike (« royaume des châteaux »), terme utilisé par les Scandinaves pour cette région, et Byzance y exerçait une influence importante. Sous les Riourikides, la Rus’ imposa peu à peu sa domination pluriethnique.
Tjulenino, Xe–XIe s.
Fer
Berlin, Museum für Vor- und Frühgeschichte, Inv. PM Pr 7437
Ce sont surtout les haches que l’on connaît parmi les armes de l’époque viking. Elles furent également utilisées comme outil, pour couper du bois et le travailler. La fabrication de cette hache, trouvée dans la tombe d’une riche personne, permet de l'identifier à une hache de combat.
Sigtuna, XIe s.
Alliage de cuivre
Sigtuna, Sigtuna Museum & Art, Inv. 13883
Les têtes de haches de cette taille servaient d’amulettes et apparaissent particulièrement dans les mobiliers funéraires de la Rus’ de Kiev. Elles symbolisaient probablement un idéal guerrier. Sigtuna, aussi, a livré une grande quantité d’objets de ce genre.
Oblast Kaliningrad, 800–1100
Fer
Berlin, Museum für Vor- und Frühgeschichte, Inv. PM Pr 7430
Les armes furent souvent déformées ou détruites dans un contexte rituel : par exemple, lors de l’enterrement d’un défunt ou après la victoire sur un ennemi. Cette coutume, surtout connue en Scandinavie, s’étendit à toute la région balte occidentale à l’époque viking. L’épée, enroulée ici, est d’origine scandinave et possède un pommeau décoré.
Ecoutez le récit du voyage d’Ibn Faḍlān, un envoyé du calife de Bagdad, qui, accompagné d’autres diplomates, entreprit un grand voyage vers les territoires des Bulgares de la Volga. Il rencontra en route aussi des gens de la Rus’ et les a décrits de façon impressionnante.
Attention : Le texte comprend des descriptions de violence sexuelle (part 2).